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DE LA VILLE DE PARIS.
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CHI. — Mons' Hac receu au serment de Eschevin de la Ville.
12 septembre i56o. (Fol. 69 r°.)
Le douziesme jour de Septembre mil cinq cens soixante, sire Nicolas Hac a esté receu au serment de Eschevin de lad. Ville, nonobstant l'appel de mess™ les gens du Roy de la Court de Parlement, lequel futvuidéleix"jour de ce moys au prouffitdud. Hac!1',
et a faict le serment cn la Chambre du Conseil du Roy lez la Chambre des Comptes, es mains de mess™ les presidens de Thou et de Boullencourt. Et estant de retour en l'Ostel de lad. Ville, a prins posses­sion, et luy a esté baillé les clefz du bureau.
C1V. — Pour l'Assemblée des trois Estatz.
12 septembre i56o. (Fol. 70 r°.)
Led. jour, a esté apporté par mons1 Martine, Pro­cureur du Roy ou Chastelet de Paris, lettres du Roy imprimées '2\ dont la teneur ensuit : De par le Roy.
" Nostre amé et feal, comme, des nostre advenement à la couronne, nous ayons sur toutes choses desiré et procuré que Dieu feust servy en intégrité et pureté de religion catholique, en moyennant, en tant qu'il nous a esté possible, que toute doctrine erronée feust extirpée du cueur et entendement de noz subjeetz, et davantage que nostre peuple feust soulagé et relevé des' grandes charges qu'il porte, procedans de la calamité des guerres qui ont long­temps duré, nous vous avons bien voullu advertir que, pour venir à l'effect et but de ceste intention, nous avons faict assembler en ce lieu les princes de nostre sang, les gens de nostre Conseil privé, mareschaulx de France, gouverneurs et chevaliers de nostre Ordre, avec lesquelz nous avons consulté des moyens qui peuvent estre propres, tant pour se reconcilier à Dieu nostre Createur et Rédempteur, en constituant ce qui est convenable au service de Sa Majesté divine, comme aussi pour relever le pauvre peuple qui vit soubz nostre obeyssance du grant faictz qu'il porte et a cy devant porté. Lesquelz estans tous assemblez, après y avoir meurement pensé, nous ont d'ung accord proposé deux pointz : Ie premier, la refformation de l'Eglise par ung bon
Concilie general, si tant est qu'il se puisse aysement obtenir, ou bien ce pendant par une assemblée des evesques, prelatz et autres membres de l'Eglise de nostre royaulme; et l'autre,la convocation des trois Ordres, qu'on appelle les Estatz Generaulx, pour, en pleine assemblée d'iceulx, oyr et examiner les plainctes de tous les affligez et, sans exception de personne, y donner tel remede que le mal le requiert, les soula­ger, en tant que les affaires de nostre Estat le pour­ront porter, et y pourvoir de sorte que chascun puisse congnoistre le zelle que avons de leur faire sentir les fruictz qu'ilz attendoient lant de la paix qui est par la bonté de Dieu universelle en la Chrestienté, que de nostre perpetuelle amour et benevolence envers eulx; laquelle proposition nous a semblé non seul­lement utille, mais aussi très honneste, pour au commencement de nostre regne recongnoistre la grace que Dieu nous faict en nous maintenant ceste volunté de procurer que toute corruption soit desra-cinée de son Eglise, et d'ailleurs reprandre l'ancienne forme de communiquer par le moyen desd. Estatz avecques tous ceulx de nostre obeyssance, et leur faire congnoistre combien nous desirons les favoriser en tout ce qui touche leur repos et soullagement, et aussi confesser ce que, selon l'exigence des necessi­tez du royaulme, ilz font pour nous.
"Mais d'autant que la convocation desd. Estatz nous a semblé devoir preceder l'assemblée eclesias-
O La décision rendue en la Chambre des Vacations le 9 septembre 15 60 et admettant Nicolas Hac à la prestation de serment d'Échevin visait une cause très probablement diffamatoire, portée devant le Parlement le 2 septembre, dans laquelle furent faites enquêtes respectives par ordonnance du Prévôt de Paris pour Nicolas Hac, qui s'intitule l'un des marguilliers de l'église Saint-Eustache, contre Gentien Raoullet, maitre de l'hôtellerie des Quatre fils Aymon, et pour Raoullet contre Hac Malgré la requête du sr Raoullet tendant à oblenir le renvoi de l'affaire au Châtelet, le Parlement évoqua le procès et ordonna le récolement des témoins par deux conseillers avant de faire droit aux parties. [Archives nationales, Parlement de Paris, X1" i5g5, fol. 188 r°.)
<2' La teneur de ces lettres à l'adresse du Prévôt de Paris, annonçant la convocation des États Généraux en conséquence de l'édit du 2 3 août, se trouve insérée dans les Bannières du Châtelet, Archives nationales, Y 11, fol. g3 r°, et reproduite dans les Négocia­tions sons François U, p. 486; elle y figure encore, p. 636, à la date.de novembre i56o.
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